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5 février 2015
Vincent Béja

Ce qu’est le QiGong

Sens et portée du Qigong

Le Qigong, remarquable leg de la Chine ancienne, est une composante importante de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Le Qigong est une méthode prophylactique spécifiquement chinoise. L’exercice du Qigong a pour objet de prévenir et traiter les maladies, renforcer la constitution, éviter le vieillissement prématuré et prolonger la vie. Parmi les principales caractéristiques du Qigong on compte l’exercice du Qi Essentiel qui intègre l’activité mentale avec les postures corporelles et la respiration. Pour cette raison le Qigong a été hautement considéré en tant qu’importante méthode de soin et de prolongation de la vie.

Historiquement le Qigong a toujours largement été utilisé en Chine à des fins médicales. Il sert aussi dans les exercices physiques Taoistes et Bouddhistes. Les techniques comprennent le Jinggong (exercice immobile), le Donggong (exercice dynamique) et le Jing-Donggong. Les mouvements sont variés ; certain mettent l’accent sur la douceur, d’autre sur la force, sur l’exercice interne, l’exercice externe, le traitement des maladies et la prévention.

Dans le champ de la prévention et des traitements médicaux, le Qigong diffère des autres thérapies physiques et le terme « Qigong » caractérise ce qu’il a d’exceptionnel. Le terme « Qi » est relié aux fonctions physiologiques. Les experts de Qigong l’appellent Qi Interne ou Qi du Dantian (principalement au niveau des viscères) et il engendre la vie. Le terme « Qong » fait référence au Gongfu (art de la pratique). Ainsi le Qigong est une sorte d’auto-entraînement par lequel le pratiquant déploie son initiative pour exercer le corps et l’esprit ; travail global il procure confiance en soi, ajustement personnel, remise en forme, prévention et traitement des maladies ; revigorant et renforçant la constitution il la rendant résistante au vieillissement prématuré et prolonge la vie.

En tant que remède et moyen de prophylaxie, le Qigong exerce ses effets sur le corps au travers des ses mouvements, de ses postures, de la régulation de la respiration et du contrôle de la pensée, restaurant la constitution et renforçant la résistance du corps. Par exemple on peut effectivement améliorer la robustesse des personnes sujettes aux rhumes et aux refroidissements par l’exercice régulier et quotidien du Qigong. Un tel entraînement physique fait régresser les symtômes tout en améliorant l’ensemble de la personne. En désaccord avec cette théorie certains experts de Qigong mettent l’accent sur seulement quelques parties du corps ; d’autres considèrent qu’il n’est efficace que pour les troubles fonctionnels. Mais il a cepentdant été prouvé que le Qigong peut traiter efficacement certaines maladies organiques telles les ulcères. Par conséquent, pour autant que le Qigong est pratiqué correctement, les effets thérapeutiques seront atteints et la durée de la maladie comme de la convalescence sera raccourcie.

Le Qigon est aussi efficace dans le traitement de certaines maladies chroniques, en particulier l’hypertension, les problèmes cardiaques, les ulcères, la neurasthénie et la bronchite. Cependant il n’est pas réaliste de penser que le Qigong est une panacée. Aucune méthode thérapeutique ne peut se substituer à une autre, chacune ayant ses mérites respectifs. Le Qigong peut atténuer la sévérité des problèmes et accélérer la guérison sans installation ou équipements particuliers. C’est pourquoi son emploi clinique est si hautement souhaitable.

Sur le plan de la mise en forme le Qigong apporte beaucoup. Les personnes expertes bénéficient habituellement d’améliorations importantes dans les domaines de la digestion, de la respiration et les systèmes cardio-vasculaire et nerveux. Le sommeil est de meilleure qualité, la fatigue s’éloigne, on se fortifie physiquement et nerveusement et on améliore l’endurance et donc l’efficacité de son travail. Bien sûr la guérison, la consolidation des effets thérapeutiques et la santé dépendent de nombre de facteurs. Bien que le Qigong soit une méthode de soin efficace, cela ne suffit pas à soi seul. Il faut aussi trouver un équilibre adéquat entre travail et repos et règler notre alimentation.

Le Qigong a des effets anti-vieillissants et prolongateurs de vie. Autrefois on pensait que le Qigong était une technique de guérison et de longévité. Selon les sources historiques, Hua Tuo, fameux médecin de la périoden des trois royaumes (220-280) inventa l’exercice des ébats des cinq animaux (Wuqinxi) et les pratiqua longtemps. Il paraissait encore jeune alors qu’il était âgé de cent ans. Cet effet est vérifié par les personnes âgées qui ont pratiqué le Qigong sur le long terme. De nombreux octogénaires et personnes de plus de 90 ans qui pratiquent régulièrement le Qigong sont vifs, dotés d’une pression sanguine normale, d’une bonne vue, de voix claires, de dents saines ; elles dorment bien, marchent d’un pas ferme, endurent la chaleur et souffre rarement de maladies. Ils diffèrent grandement de ceux qui font peu d’exercice. Le Qigong apporte beaucoup à la gériâtrie.

Dans l’antiquité le Qigong était considéré comme la clé de l’immortalité. Ceci cependant est impossible car le vieillissement est une loi naturelle. Entreprendre la pratique du Qigong n’a pas pour but l’obtention de l’immortalité en fermant les yeux et en passant ainsi le temps mais de gagner une vigueur physique permettant d’éviter le vieillisement prématuré de sorte qu’on reste alerte et solide et que l’on apporte ainsi plus longtemps sa contribution à l’humanité.

Certains croient qu’il y a quelque mystère dans l’exercice du Qigong, le rendant très difficile à maîtriser. Ceci est faux. Le Qigong est scientifique. Lorsqu’on est guidé par des instructeurs ayant une riche expérience du Qigong, en suivant les lois naturelles, on peut graduellement le maîtriser. Tant que le Qigong est pratiqué consiencieusement et assiduement il peut être maîtrisé et porter ses fruits dans la santé, le travail et l’étude.

Posture, respirations et activité mentale dans l’exercice du Qigong

La posture, la respiration et la concentration du mental sont les trois ingrédients de base dans l’exercice du Qigong. Les méthodes sont innombrables, variant dans la forme, les exigences et la fonction. D’une manière générale, le Qi s’écoule dans le corps en circulant vers le haut, le bas, la gauche et la droite. La posture, la respiration et la concentration mentale sont interactifs, se stimulant et se contrôlant les uns les autres. La direction du flux du Qi la respiration et la posture vont être discutés en détail.

1 — La concentration mentale et ses effets sur le mouvement du Qi

La concentration est un des moyens d’entraîner le mental. Le mental dirige la matière en conduisant le flux du Qi. C’est la clé pour commencer n’importe quel mouvement dans l’exercice du Qigong.
En outre, en conduisant l’esprit vers la quiétude pour influencer le Qi, la direction mentale du flux du Qi le fait monter, descendre et aller à gauche et à droite.
L’endroit sur lequel s’effectue la concentration du mental a une incidence sur le mouvement. Si le nombril (Dantian Central) est le centre de l’attention, l’esprit peut guider le Qi vers le haut jusqu’à Tanzhong, Yindang, Daihui et ainsi de suite... Si la concentration se dirige vers le bas à partir du Dantian central vers Qihai, Guanyuan, Huiyin, Yongquan et autres points d’acupuncture, le Qi est induit à descendre. Des phénomènes tels qu’élévation de la pression sanguine, essoufflement, vertiges et sensation d’oppression dans la poitrine sont des observations cliniques courantes lorsque l’esprit est concentré sur la région du nez. Lorsque le mental se concentre sur Yongquan, la tension tombe, la respiration s’approfondit et des sensations de confort peuvent apparaître. D’une manière générale plus le point de concentration est élévé dans le corps, plus le Qi peut s’élever ; inversement, plus il est bas et plus bas le Qi peut descendre. Ceci illustre le fait que l’esprit et le Qi convergent au même lieu. C’est pourquoi le point d’acupuncture du Dantian Central doit être pris comme origine, indépendamment du lieu où l’esprit est en train de se concentrer.

Pour cette raison la région du nombril, qu’on appelle aussi Dantian Central, est considérée comme le centre du corps humain, le point commun de la rate et du pancréas. La pratique clinique a prouvé que la concentration du mental sur cette région où l’estomac, le pancréas et la rate sont localisés non seulement augmente le Qi médian (la fonction digestive) et harmonise le Qi général, mais accroît encore remarquablement les facultés des fonctions digestives, produisant tout un ensemble d’effets bénéfiques en d’autres lieux de l’organisme. Ainsi la concentration sur le Dantian Central est traditionnellement considérée comme le fondement de la pratique. Sur cette base on peut ensuite développer et conduire un point de concentration secondaire n’importe où ailleurs.

Les régions de concentration peuvent être le Dantian Supérieur, le Dantian Central et le Dantian Inférieur. Dans l’étendue de ce qu’on appelle le Dantian Central (nombril interne) quelquefois appellé Tronc Central, on trouve les points Sheque (Dantian Avant), Zhongwan (environ 10 cm au dessus du nombril) et Qihai (environ 3,5 cm en dessous du mobril), bien que Zhongwan soit un peu au dessus de la zone et que Jianli soit un peu en dessous. Les personnes ayant trop de Qi dans la partie supérieure du corps et pas assez dans le partie inférieure doivent principalement se concentrer sur le Tronc Inférieur. Le Dantian Central est recommandé aux personnes ayant une santé « normale » tandis que le Dantian Supérieur ne doit pas être utilisé comme une zone de concentration permanente.
Comme pour l’ouverture et la fermeture de la concentration mentale, ouvrir signifie que le Qi est guidé par l’esprit dans une dilatation à partir du nombril interne ce qui crée la sensation du Qi envahissant tout le corps. Fermer signifie concentrer le Qi à partir des extrémités et des parties superficielles du corps que l’on ressent pleines d’énergie. Dans la pratique on alterne habituellement les techniques d’ouverture et de fermeture.

2 — Les effets des mouvements respiratoires de montée, descente, ouverture et fermeture dans l’exercice du Qigong

La respiration ou « Tu Na » en chinois, est une spécialité de l’exercice du Qigong. L’objectif d’un tel entraînement est de régulariser par le mental l’efficacité et le rythme de la respiration.

Qu’a donc à faire l’entraînement respiratoire avec l’exercice du Qigong ? Comme nous le savons, la respiration est d’une très grande importance à l’activité vitale. Ce processus démarre dès la première respiration qui suit immédiatement la sortie du foetus du sein maternel et dure jusqu’à la fin de la vie. Ce qu’est la respiration au corps humain est identique à ce qu’est l’eau pour le poisson. Cela signifie vivre. Le corps extrait l’oxygène de l’air et rejette le dioxyde de carbone.Ce phénomène était décrit comme « se débarrasser du renfermé et absorber le frais » et le programme d’entraînement respiratoire est appellé la méthode de Tu (dissiper) et Na (absorber). La respiration joue un rôle important dans le métabolisme. Les activités physiologiques sont perturbées lorsque l’apport d’oxygène devient inférieur aux besoins des tissus composant le corps. Les cellules nerveuses du cortex cérébral sont très sensibles au manque d’oxygène et arrêtent leur activité 10 secondes après la suspension de l’apport d’oxygène. Si concentration du sang en oxygène tombe en dessous d’une certaine limite, les cellules et les tissus sont endommagés. Aussi un entraînement adéquat de la respiration peut grandement améliorer la santé et accroitre les capacités à travailler. Grâce à l’extrême attention portée à l’entraînement respiratoire, les experts de Qigong ont accumulé au travers de l’histoire un riche savoir sur les techniques repiratoires.

Toutes les techniques d’entraînement respiratoire du Qigong ont leurs caractéristiques propres. Leurs exigences communes incluent l’apaisement de l’esprit, la régularisation de la respiration, laisser descendre le Qi au Dantian Central, inspirer par les narines, garder la respiration souple, lente, régulière et profonde et venir à la respiration abdominale tandis qu’on entre naturellement dans la quiétude mentale.

Non seulement l’entraînement respiratoire amplifie les fonctions des systèmes digestif et respiratoire et induit la quiétude mentale, mais il peut jouer un rôle dans la montée, la descente, l’ouverture et la fermeture des mouvements du flux de Qi. Plus précisément l’inspiration correspond aux mouvements d’élévation et de fermeture du Qi tandis que l’expiration guide les mouvements de descente et d’ouverture.

L’expiration conduit le Qi vers le bas et le diffuse ; l’inspiration le ferme et l’élève. Les observations cliniques montrent qu’une longue expiration contribue à réduire la tension en élargissant les vaisseaux sanguins aux extrémités et en amenant le sang vers le bas ; l’inspiration, en causant la fermeture et la montée du Qi, fait monter le sang le long des artères et contracte les vaisseaux sanguins aux extrémités. C’est pourquoi les patients souffrant d’excès de Qi dans la partie supérieure du corps et d’insuffisance dans la partie inférieure doivent insister sur l’expiration ; de même les pratiquants normaux doivent éviter d’insister sur l’inspiration et respirer naturellement lorsqu’ils commencent à s’exercer au Qigong.

Les effets de la respiration du Qigong sur les mouvements du Qi ne sont pas absolus mais dépendent de nombreux facteurs. Le fait que le Qi suive la direction donnée par le mental est un exemple de la manière dont l’activité mentale peut influer sur les effets du Qi. Lorsque la pratique du Qigong atteint un certain niveau, l’activité mentale seule, sans expiration, peut suffire à induire la descente et l’ouverture du Qi. Ceci est aussi valable pour les mouvements de montée et de fermeture du Qi.

3 — La posture et les effets des mouvements de montée, descente, ouverture et fermeture du Qi

La posture est aussi dirigée mentalement durant l’exercice du Qigong. Garder une posture exige un certain niveau de tension musculaire. C’est pourquoi, dans l’exercice du Qigong, la tenue de la posture est fondamentalement l’entraînement de la tension musculaire au travers de la relaxation. En pratique la détente ou la tension dans les muscles et la posture peut influencer les fonctions corporelles.

Traduction par Vincent BEJA d’extraits du livre : « QIGONG Eléments pour la promotion de la santé » du docteur JIAO GUORUI