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30 janvier 2015
Vincent Béja

Histoire

MA YuehLiang et sa femme WU YingHua...
WU YingHua et MA YuehLiang

L’origine du taichichuan de la famille Wu doit être attribuée à Quan You (1832-1902), un mandchou qui avait appris le taichichuan avec Yang Luchan. Ce dernier était un maître renommé dans la pratique des arts martiaux et enseignait dans l’armée royale de la dynastie des Qing. Il tirait son art de la boxe de Chen Chang Xing qui le tenait lui-même de Jiang Fa et, au delà, de Wang Zhong Yue. Quan You fut un des élèves les plus habiles de Yang Luchan. On a souvent dit à son sujet qu’il avait été le disciple de Yang Ban Hou, le second fils de Yang Luchan. En réalité il fut enseigné directement par Yang Luchan lui-même et ne dut devenir le disciple de Yang Ban Hu que pour des problèmes d’étiquette, ne pouvant prétendre rester dans le groupe des nobles que la renommée de Yang Luchan avait attirés.

WU JianQuan
Fils de Quan You (1834-1902), militaire Mandchou qui fut le disciple de YANG Lu Chan. C’est le véritable fondateur du style WU actuel. Lors du séjour de YANG Chen Fu à Shanghaî, il contribua à l’entraînement de ce dernier dont il était le « frère aîné dans la pratique ». YANG Chen Fu, petit-fils de YANG Lu Chan, devint par la suite le fondateur du Tai Ji Quan de style YANG moderne.
WU Jian Quan fonde en 1935 à Shanghaï l’association de Tai Ji de Jian Quan.

C’est cependant le fils de Quan You, Wu Jian Quan (1870-1942), qui est le fondateur du style actuellement connu sous le nom de taichichuan du style Wu. Entraîné aux arts martiaux par son père dès son plus jeune âge il se consacra entièrement à leur étude. C’était ainsi un excellent tireur et un extraordinaire cavalier, pouvant se tenir debout sur la tête sur le dos d’un cheval au galop... Expert fameux et incontesté dans la première république chinoise, il révisa et enrichit l’art du taichichuan qu’il tenait de sa famille. Il élimina quelques mouvements répétitifs ainsi que certains sauts et coups de pieds des formes traditionnelles de manière à les rendre plus structurées et plus continues, créant ainsi la forme lente actuelle. En ce début de siècle il suivait en cela l’évolution générale du taichichuan dont les préoccupations purement martiales se teintaient de plus en plus d’objectifs de santé physique et mentale. Fait peu connu et assez rare dans le milieu des arts martiaux de l’époque, Wu Jian Quan était aussi un lettré et son art avait pour lui un sens d’ordre spirituel...
La forme rapide ou forme originelle du taichichuan fut conservée intacte. Elle n’a d’ailleurs été transmise depuis Quan You qu’au sein de la famille et n’a été divulguée au public qu’au milieu des années 1980 à la faveur d’un relâchement de la pression communiste sur les maîtres traditionnels.
 
Dans les débuts de la première république chinoise le taichichuan était encore un art dont l’enseignement était réservé aux proches de la famille. Le style de Wu Jian Quan était alors considéré comme une branche de celui de la famille Yang. C’est ainsi que lors de la fondation de l’institut de recherche athlétique de Pekin par un disciple de la famille Yang il fut invité à enseigner le taichichuan en compagnie de Yang Shoa Hoa (1862 — 1930) et de Yang Chen Fu (petit fils de Yang Luchan et propagateur du style Yang, 1883-1936). C’est d’ailleurs là, dans l’élan d’ouverture au monde extérieure qui caractérise cette époque de l’histoire chinoise, que le taichichuan fut pour la première fois enseigné au public.
En 1928, maître Wu Jian Quan partit de Pekin pour aller enseigner à Shanghai. L’association de taichi de Jian Quan fut fondée dans cette ville en 1935. Les fils de Wu Jian Quan (Wu Gong Yi et Wu Gong Zao) allèrent enseigner plus au sud, à Canton et Hong Kong notamment et le taichichuan du style Wu se répandit outremer, au Brésil, aux Etats Unis et au Canada. Lorsque Wu Jian Quan mourut en 1942, son œuvre au sein de l’association de Shangai fut reprise par Wu Ying Hua, sa fille aînée et son gendre Ma Yueh Liang. Ce dernier, décédé en 1998 à 98 ans, était un maître fameux et très respecté en Chine ; sa maîtrise de l’énergie interne et son Tui Shou étaient extraordinaires.

MA JiangBao
Fils de MA Yueh Liang et de WU Ying Hua, il a longtemps vécu en Hollande et enseigné le Tai Ji Quan dans toute l’Europe du nord. Son Tai Ji est épuré, direct, précis. A l’aide d’un de ses élèves, il a réalisé en langue allemande un livre magnifique et très détaillé sur la forme longue : « WU-STIL TAI CHI CHUAN ». Il est aujourd’hui retiré à Shanghaï.

Son fils MA JiangBao, a enseigné pendant plus de vingt ans en Europe du nord, en particulier en Hollande et en Allemagne avant de revenir s’installer à Shanghaï. L’association de Shanghai est aujourd’hui dirigée par MA HaiLong, le fils aîné de Ma YuehLiang et WU YingHua. Et SU BaoQuan en est le Managing Director...

SU BaoQuan
Monsieur Baoquan SU, né en 1938, fut à partir de 1962 le disciple de PEI Zuyin (1917-1986), et élève de MA Yueliang 1901-1998). Il est représentant titulaire de la cinquième génération de l’école Wu, et membre du conseil de l’Association “Wu Jianquan” à Shanghai.
Jusqu’à sa retraite en 2002, M.Su fut chercheur dans la Section Philosophie à l’Institut de la Recherche Sociale. L’Institut fut dissout pendant la Révolution Culturelle, et M.Su travailla comme enseignant dans diverses écoles avant de reprendre sa fonction lors du rétablissement de l’Institut.