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4 octobre 2020
Vincent Béja

La question des moyens

Chers amis,

J’ai jusqu’ici exprimé mon mécontentement voire même mon indignation quand au traitement politique de l’épidémie.
Ce matin, en allant au marché, j’ai même eu le sentiment que cela s’aggravait. Policiers municipaux en bande à l’entrée du marché de la place Carnot à Carcassonne, masques dans toute la ville. Une espèce de délire collectif dont beaucoup se demandent quand il finira et dont personne n’arrive à s’extraire... Je me sens plongé dans une atmosphère d’attente et de suspension, comme si on n’arrivait pas à croire que ce que nous vivons est vraiment notre réel. Comme si nous traversions un lac couvert de brume à ceci près que la barque s’est arrêtée... Une espèce de cauchemar cotonneux dont on pense qu’on va finir par sortir mais qui n’en finit pas de durer...
L’épidémie est terminée et pourtant il n’y a pas de bout au tunnel, toutes les mesures de sécurité sont prorogées voire durcies...
Nous sommes entrés dans un monde dont nous ne voulions pas. Nous ne savons pas en sortir.
Et ce sont nos propres concitoyens les plus inquiets et les plus fragiles face à la propagande sécuritaire qui sont les premiers gardiens de notre soumission au port du masque et aux gestes barrières...

Nombreux sont aujourd’hui les scientifiques qui, comme moi, face aux mesures aberrantes et anxiogènes prises par les autorités, éprouvent le besoin de prendre position dans l’espace publique. Ainsi, dans cette tribune du 10 septembre parue dans le Parisien : « Covid-19 : nous ne voulons plus être gouvernés par la peur », un collectif de 35 chercheurs ou professeurs d’université qualifient cette politique d’irresponsable. Voici un petit extrait de cette tribune :

(...) nous appelons les autorités politiques et sanitaires françaises à cesser d’insuffler la peur à travers une communication anxiogène qui exagère systématiquement les dangers sans en expliquer les causes et les mécanismes.
(...) Nous appelons également l’ensemble des journalistes à ne plus relayer sans distance une communication qui est devenue contre-productive : la majorité de nos concitoyens ne fait plus confiance aux discours officiels, les complotismes en tous genres foisonnent sur les réseaux sociaux et les extrémismes en profitent.

Par ailleurs des médecins se regroupent ici ou là et, faisant le même constat que moi sur la base des mêmes données, se mobilisent pour intervenir auprès des autorités. Vous pouvez ainsi aller voir ici l’argumentaire d’un collectif de médecins réunionnais demandant un allègement des mesures de protection contre la COVID 19 au vu des chiffres de Santé Publique France.
On pourra voir ici la réponse cinglante de l’ARS de la Réunion qui justifie la politique sanitaire officielle, mais, comme vous le constaterez aussi, sans jamais mettre réellement les chiffres en perspective...

Evidemment lorsque l’on voit la mascarade — c’est à dire que l’on comprend l’inadéquation des mesures imposées avec la situation réelle — et que l’on subodore — dans le clan de ceux qui l’orchestrent — des intérêts malhonnêtes qui se dissimulent, on ne peut qu’être en colère.
Une amie, rebondissant sur ce point à la lecture de mes billets, m’a fait part du commentaire suivant par texto :

(...)
Je suis parfaitement d’accord sur ce constat d’une désinformation et d’une manipulation parfaitement orchestrée toutes deux. Ma question toutefois ne se pose pas dans l’exaspération ou le mépris mais comment agir (et non pas réagir) dans le positif. Pour ma part très petitement je fais (avec d’autres) des chants d’apaisement et de guérison pour la planète ainsi que des méditations dans le même esprit.
Une de mes patientes refuse le port du masque et accumule les contraventions qu’elle refuse de payer. Elle est très en colère. Je m’interroge sur cette attitude qui, au niveau vibratoire, augmente la négativité et le conflit.
Mais ce débat que tu proposes amènera peut-être des idées innovantes, légères et positives (...)

Comment agir ?

Je remercie cette amie pour ce commentaire. Il nous amène en effet directement à la question consistant à nous demander comment réagir, quelles actions entreprendre. Au delà des chants, des prières ou des méditations que nous pouvons faire dans nos espaces privés, comment intervenir dans l’espace public ?

NE PAS SE RAIDIR
Nous voyons bien au travers de l’exemple que mon amie donne de sa cliente en colère qui n’en finit pas d’accumuler les prunes qu’elle refuse de payer, qu’il s’agit là d’un raidissement improductif et du heurt du pot de terre contre le pot de fer.
Notons bien qu’il s’agit précisément de ce que nous cherchons à éviter dans notre pratique du TuiShou, c’est à dire de la crispation qui conduit à opposer la force à la force. C’est ce qui introduit de la violence dans la situation et qui, in fine, conduit immanquablement — à un moment ou un autre — à la blessure et/ou à la défaite.

LA COLÈRE EST SAINE
Remarquons cependant que la colère en elle-même n’est pas le problème. La colère signifie simplement qu’une limite vient d’être franchie et qu’une action pour rétablir cette dernière est devenue nécessaire. Il ne s’agit pas de vouloir rester impassible face aux abus qui sont perpétrés par les autorités sans notre consentement. Ne condamnons pas l’émotion légitime qui se lève dans la situation de contrôle abusive que l’état nous impose. Mieux vaut chercher à lui trouver un débouché intelligent. Un débouché qui permette effet qu’à terme la situation se restaure, que les limites soient à nouveau respectées et que la colère citoyenne puisse se calmer.
Nous pourrons mesurer la valeur de notre colère aux effets de l’action qu’elle nous aura permis d’enclencher.

NE PAS RESTER À L’ARRÊT
Reconnaissons aussi que cette femme en colère est courageuse. Elle ne se laisse pas intimider et, face à ce qui la blesse, entreprend d’agir. Nous devrions plutôt la remercier. Car nous savons aussi par notre expérience du TuiShou qu’être sans réaction, s’arrêter ou entrer dans une sorte d’absence à la situation, c’est s’exposer dangereusement.

NE PAS FAIRE SEUL
Mais une caractéristique très notable de l’action entreprise par cette femme en colère, c’est qu’elle réagit seule. Or ce contre quoi elle s’élève, ce sont les autorités et l’ensemble de leurs décisions. Ces autorités, censées représenter la volonté populaire, dépendent non de nos réactions individuelles mais notre assentiment ou de notre désaccord collectifs.
Dans notre contexte de lutte contre la manipulation du peuple par les autorités, ce sont l’isolement de cette femme et de ses actes de rébellion qui rendent son action inefficace.

Ce qui me vient alors, au fil de la réflexion sur tous ces éléments, c’est une idée simple mais qui pourrait avoir son utilité.

L’idée est la suivante :
pourquoi ne pas organiser des lieux de débat chez les uns et les autres, à nos domiciles, dans des lieux privés donc, et avec moins de 10 personnes pour que même des voisins inquiets puissent participer ? De cette façon nous passons sous les radars du contrôle social en cours et, par l’échange, l’explication et le partage des données précises sur la pandémie, nous pouvons contribuer à désamorcer l’emprise de la peur — de la Covid-19 ou des autorités — sur nos esprits.

A suivre donc...

Vincent Béja