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24 mars 2015
Vincent Béja

Les treize capacités

Selon MA YuehLiang, il y 13 capacités (ou méthodes d’expression) au sein de la poussée des mains comme dans les applications du TaiChi. Ces capacités sont désignées par les termes “Ba Men, Wu Bu” (Huit Portes, Cinq Pas) et furent transmises à WU QuanYou par YANG LuChan et son fils YANG BanHou. Ces capacités peuvent être appliquées et combinées de multiples façons.

1 PENG (parer/évaluer)

La première méthode est connue sous le nom de Peng. Généralement traduit par “parer”, Peng, selon MA, signifie avant tout “tester”, “évaluer”. Cela veut dire que lorsqu’un adversaire cherche à vous faire quelque chose, vous devez tout d’abord intercepter ou neutraliser son attaque, la tester et l’évaluer de façon à rendre perceptible et à localiser l’origine de sa puissance ou son centre de gravité.

2 LU (dévier/suivre)

La seconde est connue sous le nom de Lu. Compris généralement comme signifiant “dévier”, Lu, selon MA, veut dire “suivre”. Suivre est un objectif modeste mais qui signifie “céder d’abord pour l’emporter ensuite”. Si nous suivons notre adversaire suffisamment bien alors il se retrouve très vite à déborder de la position par laquelle il essayait de nous attraper. D’après MA, s’affronter ou batailler avec l’adversaire est précisément ce qu’il ne faut pas faire.

3 JI (presser/appuyer sur un membre pour pénétrer le centre de l’adversaire)

La troisième est Ji. En quelque façon Ji indique “presser” mais MA a enseigné qu’il s’agissait d’appuyer au travers de son membre ou celui de l’adversaire, pour se frayer un chemin et pénétrer son centre.

4 AN (pousser/pousser selon un angle)

La quatrième méthode est dénommée An. Ce qui veut dire “pousser”. Cependant pour MA il ne s’agit pas seulement de pousser frontalement. La puissance de la poussée est grandement amplifiée lorsqu’elle est effectuée selon des angles Mieux, la poussée est encore plus efficace lorsque l’on considère la position de l’articulation sur laquelle elle s’effectue et si la façon dont l’articulation de l’adversaire est piégée ou réagit à la pénétration de la pression règle en retour la pression que l’on applique.

Peng, Lu, Ji, An sont les méthodes qui constituent le fondement des autres techniques d’utilisation des mains. Au style WU on s’y initie de manière formelle dans la rotation de base de la poussée des mains. On introduit ces techniques par un travail solo selon la séquence Peng, Lu, An et Ji. Lorsqu’on travaille avec un partenaire la dyade les enchaîne selon la séquence Peng, Lu, Ji et An.

5 CAI (tirer/saisir au delà du point de contact)

La cinquième méthode s’appelle Cai ou tirer soudainement. Cai a l’apparence d’une saisie mais c’est une approximation grossière de la réalité. MA décrivait la véritable technique TaiChi comme une saisie qui saisirait au delà de l’endroit effectivement attrapé. Si l’on examine la technique attentivement, elle ressemble alors plus à un crochetage de l’articulation de l’adversaire où la main qui “tire” peut être en “bec d’aigle”, en “pince” ou encore en une douce et discrète saisie.
Selon MA, si l’on effectue une saisie avec trop de force, on expose son centre de gravité et la saisie perd alors très rapidement son utilité. Le “tirer” est plus sensible et moins détectable lorsque la main qui tire agit comme une houe, permettant une saisie allant profondément au delà de la prise d’une articulation ou d’un membre.

6 LIE (tordre/tresser en soulevant)

La sixième méthode est Lie, c’est à dire tordre ou tresser tout en soulevant. Les pratiquants de TaiChi reconnaitront “la grue blanche déploie ses ailes” ou “la fille de jade œuvre à la navette” comme des applications de Lie dans la pratique de la forme, mouvements au cours desquels un membre ou les deux à la fois sont levés pour renverser l’adversaire ou avancer sur lui.

7 ZHOU (coup de coude/presser du coude)

La septième est Zhou ou manier le coude. Les pratiquants qui aiment être soulevés simplement pour pouvoir décocher un coup de coude plié à angle droit dans le corps de l’adversaire apprécient le coup de coude. Cependant pour MA le coude était un excellent outil pour appliquer une douce pression sur l’extérieur des membres, des articulations ou des côtes, menant ainsi l’adversaire hors d’équilibre et pratiquement hors de ses chaussures.

8 KAU (épaule/dos)

La huitième méthode est connue sous le nom de Kau. Dans cette technique les épaules et particulièrement le dos sont utilisés pour émettre la force (jing). Nonagénaire, MA pouvait soudainement lâcher un coup rapide et explosif avec son dos qui envoyait valser nombre de pratiquants. Si vous pensiez que le Fa-Jing (la force explosive) était réservée aux mains aux coudes ou aux jambes, réfléchissez plus profondément. Explorez l’autre moitié de votre corps et son utilité.

9-13 LES CINQ PAS : JIN,TUI, KU, PAN, ZHONG DING

Ce sont : 9-Jin (avancer) ; 10-Tui (reculer) ; 11-Ku (regarder à gauche/faire un pas à gauche) ; 12-Pan (regarder à droite/faire un pas à droite) ; 13-Zhong Ding (équilibre central)
Les cinq techniques terminales (ou cinq pas) sont : Jin, Tui, Ku, Pan, Zhong Din. Elles se réfèrent au mouvement ou à la qualité du mouvement entrepris lorsqu’on initie ou réagit à un changement. Jin désigne des pas vers l’avant et Tui des pas vers l’arrière. Ku et Pan désignent un déplacement côte à côte, Ku signifiant que l’on regarde à gauche tandis que Pan indique la droite. Zhong Ding désigne l’équilibre central, c’est à dire la façon dont vous être connecté tant avec le sol qu’avec le corps de l’adversaire et ses intentions. Zhong Ding est relié au maintien de la stabilité et de l’enracinement tandis que votre adversaire peut perdre les siens. Zhong Ding peut aussi prendre la forme des mains glissant le long ou au travers du corps de l’adversaire continuant ainsi à être “connecté” en testant, suivant, pousssant, tirant, soulevant l’adversaire, tout en maintenant en même temps votre stabilité.

Tiré de http://www.chiflow.com/html/tuishou.htm
Auteur : Gerald A.Sharp
Traduit de l’anglais par Vincent BEJA