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24 mars 2015
Vincent Béja

Le TaiJiQuan selon MA YuehLiang

Il y a différentes définitions du Taijiquan.

Certains disent : “Le Taijiquan est à la fois une méthode et une théorie pour cultiver son être et un exercice qui consiste à trouver la tranquillité dans le mouvement. On appelle cela “suivre l’engendrement mutuel du yin et du yang”, ce qui correspond à la signification du “taiji”. Le Taijiquan consiste à suivre une méthode et une théorie du combat qui, en rassemblant continuellement intérieur et extérieur, n’exhibe aucune forme, tout comme le yin-yang inséparable du taiji.”
D’autres avancent : “Le Taijiquan détient son nom du fait que chaque mouvement trouve une expression circulaire et ressemble au diagramme du taiji. C’est ce qui fait qu’on l’appelle ainsi.”

Les deux explications sont parfaitement fondées. La dernière, en particulier, se suffit tout à fait à elle-même. Les mouvements du Taijiquan diffèrent de la dureté du KungFu de Shaolin parce qu’en leur cœur résident le vide (xu), le calme (jing) et le naturel (ziran) et qu’au Taijiquan on vainc par la douceur (rou). Voici un commentaire à propos de ces qualités :

Etre vide (xu)

Le vide au Taijiquan n’a pas un sens privatif d’absence ou de nullité mais d’insubstantiel. Le vide est la nature du mental, le mental est la nature de l’esprit humain (shen). L’esprit gouverne le corps et est empli de qi. Le naturel (ziran) dans le geste conduit à la légèreté et à l’habileté.

Etre calme (jing)

Dans les arts de Shaolin il faut user de la force de la façon la plus extrême. Cela ne convient pas à la plupart des gens. Cela met hors d’haleine de façon répétitive et peut conduire à l’épuisement total. Le taijiquan ne fonctionne pas ainsi. Au travers des trois aspects du corps, du psychique (xin — cœur/conscience) et de l’intention (yi — concentration) il s’efforce de trouver le pouvoir qui réside dans le calme. Plus c’est lent, mieux c’est. La respiration est longue et le qi descend au dantian. C’est ainsi que s’exprime le calme corporel. Lors de la pratique tout doit être relié : les yeux, les mains, la taille, cela doit être vrai de la tête aux pieds. Aucune partie ne doit être isolée. C’est ainsi que s’exprime le calme dans le psychique (xin — cœur/conscience). On use de l’intention (yi) et non de la force externe, physique. Dès qu’il y a mouvement, l’intention (yi) est immédiatement là. C’est ainsi que s’exprime le calme dans l’intention (yi).

Etre naturel (ziran)

Les mouvements du Taijiquan sont complètement naturels, tout simplement, ainsi la puissance du jin atteint le sommet de la tête, élargit la poitrine vers le bas et relève le haut du dos, relâche la taille et abaisse les fessiers, fait descendre les épaules et tomber les coudes. Ce sont là des aspects physiques. Ils correspondent à notre comportement naturel.

Etre doux (rou)

Lors de la pratique du Taijiquan il est de la plus haute importance d’éviter l’emploi de la force. Il est absolument essentiel que le corps entier soit détendu. Le qi et le sang sont en lien. Une pratique naturelle conduit sur le long terme à la puissance interne (jin). La puissance interne (jin) est très douce. Lors de la rencontre avec un adversaire la réplique consiste à suivre souplement la force de ce dernier. C’est ainsi qu’on trouve dans la douceur quelque chose d’implacable. Dans les textes classiques il est dit que “de la plus extrême douceur provient la plus extrême dureté”.

Auteur : MA Yueliang
Tiré du livre “Le Taijiquan de Wu Jianquan” (1934) — Traduction Vincent Beja

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