Présence tao
Arts chinois du mouvement

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22 février 2015
Vincent Béja

Méthode du TaiChi

3 La loi de la différentiation intrinsèque

Lorsque l’on naît, les yeux voient, les oreilles entendent, le nez peut sentir et la bouche goûter. La perception des couleurs, des sons, des odeurs et des cinq saveurs sont des facultés intrinsèques à l’homme. De même évoluer librement est une capacité intrinsèque. La perte des facultés intrinsèques est liée au conditionnement plutôt qu’à la nature humaine. On ne peut pas regagner ses facultés intrinsèques uniquement par la pratique martiale — cela ne procure aucun moyen d’atteindre l’origine du mouvement. On ne peut non plus récupérer ses facultés intrinsèques uniquement par l’intellect — cela ne peut apporter la conscience du mouvement. La conscience émerge à travers à la fois la mobilisation et l’émission. Sans émission pas de perception et sans mobilisation il n’y a rien à connaître. La mobilisation advient lorsque les facultés d’émission sont extrêmement bien affûtées, connaître arrive par la perception claire. Il est facile de mobiliser ce que l’on connaît. Cependant l’émission est difficile à percevoir. Si l’on peut incorporer connaître-percevoir et émettre-mobiliser, alors on est naturellement éveillé aux autres. En étant éveillé à autrui, il faut rester éveillé à soi-même. Ceux qui comprennent ces principes peuvent commencer à comprendre le Jin

4 Coller, adhérer, connecter et suivre

Coller signifie soulever, attirer l’adversaire vers le haut. Adhérer veut dire rester attaché avec ténacité. Connecter signifie abandonner son intention propre de façon à éviter de se séparer de son adversaire. Suivre signifie répondre à tout mouvement de l’opposant. Si l’on veut connaître l’intention de l’adversaire il faut comprendre “coller, adhérer, connecter et suivre”. Ces savoirs sont extrêmement précis.

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9 Le cercle du TaiChi

Faire le cercle en se retirant est aisé, faire le cercle en avançant est difficile. En gardant correctes les positions de la taille et du sommet du crâne on ne perd pas son centre. Faire retraite est aisé, avancer est difficile. Notez soigneusement que ce sont des savoir faire de mouvement et non des états. Si l’on peut se mouvoir comme un moulin à aube, dans la hâte ou la lenteur, alors le dragon du nuage ou le tigre du vent pourront tourbillonner. Faites circuler vos épaules comme se meut une roue à aube, lentement ou rapidement, selon les circonstances. Et si l’on utilise le vaisseau céleste (le haut du corps) durant une période assez longue pour ce faire, la capacité apparaîtra.

10 La capacité du TaiChi à avancer et reculer continument

Le principe naturel veut que Peng (parer) corresponde à l’avance tandis que Lui (dévier) s’accorde à la retraite. L’eau Yin et le feu Yang profitent l’un à l’autre. Au début on doit connaître les quatre côtés avant de maîtriser les techniques de Choi (cueillir), Li (séparer), Jiang (coude) et Kao (épaule). Les quatre côtés et les quatre coins engendrent les treize formes. Parce qu’il ne s’y trouve aucune pause on l’appelle Long Chuan. Dans l’extension, la contraction comme dans n’importe quelle circonstance, ne déviez jamais du TaiChi.

11 Au dessus (ciel) et au dessous (terre) dans le TaiChi

Au TaiChi au dessus et au dessous sont nommés dans les termes du céleste et du terrestre. Au dessus et au dessous, les quatre mains, divisent en ciel et terre. Choi (cueillir), Li (séparer), Jiang (coude) et Kao (épaule). Chacun a son origine et sa destination. Choi (cueillir) correspond au ciel et Kao (épaule) à la terre. Comme ils se répondent l’un l’autre on n’a pas à s’occuper du dessus et du dessous. Si l’on maintient une trop grande distance dans la pratique de Li (séparer) et de Jiang (coude) ils perdent malheureusement le Qian (le ciel, le principe mâle) et le Kun (la terre, le principe femelle). Soyez clairs sur les niveaux supérieur et inférieur. En avançant, lors de l’usage de Li (séparer) ou de Jiang (coude) revenez au niveau médian (celui du torse).

12 Le chant du vaisseau médian du TaiChi

Le chant des huit trigrammes, des côtés et des coins qui font treize ne font référence à aucune figure géométrique. Si l’on tente de l’exprimer ainsi on se déséquilibre et l’on perd l’alignement entre taille et sommet du crâne. Il faut toujours se souvenir de ces deux relations : maître et serviteur, os et chair. Raffinez votre art comme si vous tailliez et polissiez une pierre précieuse. Si vous pouvez interagir avec votre adversaire sans hésitation ni interne ni externe, comment pouvez-vous faire erreur ? Exprimez la spontanéité entre les niveaux inférieur (terre) et supérieur (ciel) lorsque vous vous engagez sur l’axe avant-arrière. Evitez-vous de sérieux problèmes en n’initiant pas de mouvement. Que vous avanciez ou reculiez, dessus et dessous sont toujours liés, toujours intacts et ininterrompus.

Explication de la méthode du Tai Chi — WU QuanYou — Traduit du chinois en anglais par Doug Woolidge et de l’anglais au français par Vincent Béja